Une équipe qui s’entend bien est-elle forcément une équipe soudée ?

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Publié le: 27-09-2026

H1 - Une équipe qui s’entend bien est-elle forcément une équipe soudée ?

Dans une équipe, bien s’entendre ne signifie pas nécessairement fonctionner ensemble. La cohésion se construit aussi dans la manière dont les jeunes partagent un objectif commun, trouvent leur place et restent engagés les uns avec les autres lorsque la situation devient plus difficile.

Une équipe peut rire ensemble, partager les entraînements, les déplacements, les vestiaires, les victoires et parfois plusieurs années de pratique. Vue de l’extérieur, elle semble soudée.

Puis vient la compétition. Une erreur. Une action qui n’aboutit pas. Un résultat qui commence à échapper au groupe. Une décision difficile à accepter.

Et quelque chose peut changer : les échanges diminuent, certains regards se détournent, les encouragements deviennent plus rares. Un jeune s’agace, un autre se met davantage en retrait.

À l’inverse, des jeunes qui ne sont pas nécessairement proches en dehors du sport peuvent être capables de rester particulièrement unis lorsqu’il faut agir ensemble.

H2 - Qu’est-ce qui fait réellement la cohésion d’une équipe ?

Dans le langage courant, une équipe soudée est souvent associée à une équipe dans laquelle les jeunes s’entendent bien. Cette dimension existe et elle compte. Mais elle ne suffit pas à définir la cohésion collective.

Les travaux menés depuis plusieurs décennies en psychologie du sport, notamment ceux de Carron et de ses collaborateurs, montrent que la cohésion possède plusieurs dimensions. Une distinction apparaît particulièrement importante : la cohésion sociale et la cohésion liée à la tâche.

  • La cohésion sociale concerne davantage les relations entre les membres du groupe, le sentiment d’appartenance, les affinités ou encore le plaisir d’être ensemble.

  • La cohésion liée à la tâche concerne ce que les membres cherchent à accomplir ensemble : les objectifs sportifs, l’engagement collectif, les responsabilités et la manière dont chacun participe au fonctionnement du groupe.

Cette distinction se retrouve également dans les travaux spécifiquement consacrés aux jeunes sportifs, notamment avec le Youth Sport Environment Questionnaire (YSEQ).

Cela change déjà notre manière de regarder une équipe : bien s’entendre et savoir agir ensemble ne racontent pas exactement la même chose.

H2 - Une bonne ambiance ne dit pas tout du fonctionnement collectif

Imaginons un groupe de jeunes. Les relations sont bonnes, ils plaisantent avant l’entraînement, aiment se retrouver et les déplacements se passent bien. Les parents ou les entraîneurs peuvent naturellement avoir le sentiment d’un groupe particulièrement uni.

Puis la compétition devient plus difficile. Une succession d’erreurs apparaît, la communication change et les encouragements diminuent. Certains jeunes commencent à s’agacer tandis que d’autres prennent davantage d’initiatives individuelles.

Le groupe reste peut-être socialement très proche, mais sa manière de fonctionner ensemble dans la tâche vient momentanément de se modifier.

À l’inverse, un groupe peut présenter moins de proximité entre ses membres. Tous ne sont pas amis et ils ne se fréquentent pas nécessairement en dehors de leur pratique. Pourtant, lorsque la situation devient plus difficile, chacun continue à tenir sa place, les échanges restent présents et les erreurs individuelles ne désorganisent pas nécessairement le collectif.

La cohésion ne se lit pas seulement dans les relations entre les jeunes, mais aussi dans ce qu’ils parviennent à construire ensemble.

H2 - Faut-il pratiquer un sport collectif pour faire partie d’une équipe ?

Lorsque nous parlons de cohésion, nous pensons facilement au rugby, au basket, au handball ou au football. Pourtant, la question du collectif existe également dans de nombreux sports dits individuels.

Un jeune tennisman entre seul sur le court. Un judoka combat seul sur le tatami. Un escrimeur affronte seul son adversaire. Un nageur prend seul le départ de sa course. Un biathlète réalise individuellement une grande partie de son épreuve. Un surfeur entre seul dans sa série.

Et pourtant, aucun de ces jeunes ne se construit nécessairement seul.

Ils s’entraînent parfois plusieurs fois par semaine avec les mêmes partenaires. Ils appartiennent à un club, un groupe ou une structure. Ils partagent un entraîneur, des séances, des déplacements, des moments de réussite et des périodes plus difficiles. Dans certaines disciplines, ils participent également à des compétitions par équipes, des relais ou des formats dans lesquels leur performance individuelle contribue directement à un résultat collectif.

La frontière entre sport individuel et sport collectif devient alors moins simple qu’elle n’y paraît.

Être seul au moment de performer ne signifie pas s’être construit seul pour y parvenir.

H3 - Un collectif qui participe à la progression individuelle

Dans un groupe d’entraînement, les autres ne constituent pas seulement une présence autour du jeune : ils participent aussi à ses apprentissages.

  • Au tennis, le partenaire permet de répéter une situation, de rencontrer d’autres rythmes et d’autres manières de jouer.

  • Au judo, le partenaire fait partie intégrante du travail quotidien pour l’opposition et l’ajustement.

  • En escrime, la diversité des assauts permet d’expérimenter et de réguler ses réponses.

  • En natation, en athlétisme, en surf ou dans bien d’autres disciplines, les jeunes partagent des séances, observent, échangent et traversent ensemble une partie des exigences physiques et mentales de leur pratique.

Le jeune peut donc poursuivre un objectif individuel tout en ayant besoin des autres pour progresser. Mais cette relation possède une particularité essentielle : le partenaire d’entraînement peut aussi devenir un concurrent.

H3 - Coopérer avec celui que l’on peut aussi affronter

Deux jeunes peuvent s’entraîner ensemble toute la semaine, participer à leur progression respective puis se retrouver engagés dans la même compétition, cherchant une même qualification, une même sélection ou une même place dans une équipe. L’un peut progresser plus rapidement pendant que l’autre traverse une période plus difficile.

Coopération et concurrence coexistent alors au sein du même groupe.

Mais que vit réellement le jeune dans cette situation ?

  • Qu’est-ce que cela lui fait de s’entraîner chaque semaine avec celui qui vient d’obtenir la sélection qu’il espérait lui-même ?

  • Comment vit-il la réussite de son partenaire lorsque ses propres résultats sont plus difficiles ?

  • À l’inverse, comment vit-il sa propre réussite devant un partenaire d’entraînement qui traverse une période plus difficile ?

  • Comment trouve-t-il sa place lorsqu’il intègre un groupe déjà constitué ?

Ces questions ne cherchent pas à décider à sa place de ce qu’il devrait ressentir. Elles permettent simplement d’ouvrir un espace pour ce qu’il vit réellement.

La cohésion ne concerne donc plus seulement la capacité de plusieurs sportifs à produire ensemble une performance : elle concerne aussi la manière dont chacun trouve sa place dans un environnement collectif qui participe à son propre développement.

H2 - Faire équipe suppose aussi de partager quelque chose

Un groupe de sportifs ne devient pas automatiquement une équipe parce que ses membres portent le même maillot ou appartiennent au même club. Quelque chose se construit progressivement :

  • Un objectif partagé.

  • Une manière de fonctionner.

  • Des responsabilités collectives.

  • Des règles explicites et des habitudes implicites beaucoup moins visibles.

Qui encourage après une erreur ? Comment accueille-t-on celui qui rejoint le groupe ? Quelle place laisse-t-on au jeune qui joue moins ou qui obtient de moins bons résultats ? Comment le groupe réagit-il lorsque l’un de ses membres traverse une période difficile, ou au contraire lorsqu’il vit une réussite importante ?

Certaines réponses sont données par l’entraîneur, d’autres se construisent progressivement entre les jeunes. C’est ici qu’apparaissent deux notions importantes dans la dynamique d’un groupe : les rôles et les normes.

H3 - Trouver sa place dans le collectif

Tous les jeunes n’occupent pas la même place. Certains communiquent beaucoup, d’autres beaucoup moins. Certains encouragent spontanément, certains rassurent, tandis que d’autres observent davantage avant de prendre la parole.

Et cette place peut évoluer :

  • Un jeune très présent à l’entraînement peut devenir beaucoup plus discret en compétition.

  • Un autre peut prendre davantage de responsabilités lorsque le groupe rencontre une difficulté.

  • Celui qui rejoint une structure déjà constituée peut avoir besoin de temps pour comprendre son fonctionnement et trouver progressivement sa place.

La question devient alors moins : « Quelle est sa personnalité ? » que : « Comment vit-il sa place dans ce groupe et comment perçoit-il ce qui est attendu de lui ? »

Cette nuance est importante : ce que l’entraîneur pense avoir clairement expliqué n’est pas nécessairement ce que le jeune a perçu, ni la manière dont il le vit.

Les travaux consacrés aux rôles dans les équipes sportives montrent notamment l’importance de leur clarté : savoir ce que l’on attend de soi, identifier ses responsabilités et la manière dont on contribue au fonctionnement collectif.

Cela ne signifie pas enfermer un jeune dans une fonction definitiva. Son niveau, sa confiance, son corps et ses relations évoluent. Sa place peut donc elle aussi se transformer.

H2 - La cohésion apparaît aussi lorsque la situation devient plus difficile

Il est relativement facile de percevoir une équipe comme soudée lorsque tout se déroule bien : les réussites s’enchaînent, les jeunes s’encouragent, l’énergie collective semble naturelle.

Mais une saison comporte également des moments moins favorables : une erreur importante, une succession d’échecs, une décision difficile à accepter, une sélection manquée, un remplacement ou un résultat décevant.

C’est parfois dans ces moments que certaines dynamiques collectives deviennent davantage visibles :

  • Que se passe-t-il après l’erreur d’un partenaire ?

  • Le groupe continue-t-il à communiquer ?

  • Certains comportements changent-ils ? Un jeune reste-t-il davantage à distance ?

  • L’équipe parvient-elle progressivement à revenir vers ce qu’elle cherche à accomplir ?

Ces observations ne permettent pas d’affirmer ce que ressentent les jeunes. Un regard détourné ne signifie pas automatiquement un conflit. Un jeune silencieux n’est pas nécessairement désengagé. Un sportif qui s’isole après sa performance ne rejette pas forcément son groupe : il peut simplement avoir besoin de quelques minutes pour retrouver son calme ou traverser ce qu’il vient de vivre.

Observer un comportement n’autorise pas à décider immédiatement de ce qu’il signifie. Il y a ce que nous observons, ce que nous pouvons supposer, et enfin ce que le jeune peut réellement nous dire de son vécu.

H2 - Observer ce qui se passe entre les jeunes

Lorsque nous regardons un jeune individuellement, notre attention peut se porter sur son comportement : son engagement, son tonus, sa respiration, ses réactions après une erreur.

Dans un groupe, une autre dimension apparaît : ce qui se passe entre les jeunes.

Un comportement peut entraîner une réaction, qui en entraîne une autre. Un encouragement peut accompagner le retour d’un partenaire dans l’action. Un geste d’agacement peut modifier la manière dont un autre jeune communique. Une succession d’erreurs peut progressivement modifier les échanges.

À l’inverse, un groupe peut traverser plusieurs difficultés tout en conservant une organisation relativement stable.

La question n’est donc plus seulement : « Que fait ce jeune ? », elle devient également : « Que se passe-t-il entre eux, et comment chacun le vit-il ? »

Cette lecture demande de la prudence. La dynamique collective ne peut pas être réduite à quelques gestes observés depuis le bord du terrain, d’un bassin, d’une piste ou d’un tatami. Elle se construit dans le temps : à l’entraînement, en compétition, dans les relations avec l’entraîneur, dans les rôles attribués et dans la manière dont chacun vit sa place au milieu des autres.

H2 - Deux situations simples pour déplacer le regard

Il n’est pas nécessaire de mettre en place un dispositif complexe pour commencer à s’intéresser à la cohésion. Parfois, une situation très simple permet déjà de déplacer le regard sur ce qui se passe dans le groupe.

H3 - 1. Après une erreur

Un jeune commet une erreur importante. Plutôt que de regarder uniquement sa réaction, observons pendant quelques secondes ce qui se passe autour de lui :

  • Un partenaire vient-il vers lui ? Un regard est-il échangé ?

  • Les autres poursuivent-ils immédiatement l’action ou certains manifestent-ils de l’agacement ?

  • Le jeune cherche-t-il le contact ou se met-il momentanément à distance ?

Il ne s’agit pas de déterminer quelle réaction serait « la bonne ». Il s’agit d’abord d’observer. Puis, éventuellement, de revenir avec le jeune sur ce moment :

  • « Qu’est-ce qui s’est passé pour toi juste après cette erreur ? »

  • « Qu’as-tu perçu chez les autres ? »

  • « Est-ce que quelque chose t’a aidé à revenir dans l’action ? »

Un même comportement observé peut alors prendre un sens très différent selon ce que le jeune raconte de son expérience.

H3 - 2. Dans un groupe d’entraînement d’un sport individuel

Prenons deux jeunes qui s’entraînent régulièrement ensemble. Pendant une séance, l’un apprend qu’il est sélectionné pour une compétition importante, tandis que l’autre espérait cette même sélection. Ils continuent pourtant à s’entraîner ensemble.

Que se passe-t-il ? La qualité de l’engagement change-t-elle ? Les échanges restent-ils les mêmes ? Le jeune non sélectionné se met-il davantage en retrait ? Comment vit-il simplement cette séance particulière au côté de son partenaire ?

Là encore, une question peut ouvrir l’échange : « Comment vis-tu le fait de continuer à t’entraîner avec lui aujourd’hui ? » Elle permet de passer de ce que nous croyons observer à ce que le jeune peut nous dire de son expérience.

La cohésion peut aussi commencer là : permettre à chacun d’identifier ce qu’il vit au milieu des autres.

H2 - Une forte cohésion est-elle toujours suffisante ?

La cohésion est généralement recherchée comme quelque chose de positif. Pourtant, une forte proximité sociale ne garantit pas à elle seule que le groupe fonctionne autour des mêmes objectifs.

Des jeunes peuvent être très proches et ne pas avoir les mêmes attentes : l’un recherche essentiellement le plaisir d’être avec les autres, un autre souhaite s’engager davantage dans la compétition, tandis qu’un troisième traverse une période où ses priorités changent. Un groupe très proche peut également rencontrer des difficultés à exprimer certains désaccords.

Cela rappelle une nouvelle fois que la cohésion ne peut pas être réduite à : « Ils s’entendent tous très bien. » Elle reste un phénomène complexe, qui évolue avec le groupe et avec ce que chacun y vit.

H2 - La cohésion ne se décrète pas

Lorsqu’un groupe semble moins uni, une tentation peut apparaître : faire de la cohésion, organiser une activité, créer un moment convivial ou proposer un exercice collectif. Ces moments peuvent avoir leur intérêt, mais ils ne répondent pas nécessairement à ce qui se joue réellement dans le groupe.

Les recherches consacrées aux interventions de team-building montrent que différentes dimensions peuvent être travaillées : les objectifs communs, les rôles, les normes de fonctionnement ou la coopération. Une méta-analyse publiée en 2024 retrouve globalement des effets positifs de ces interventions sur la cohésion, notamment autour de la tâche, avec des résultats intéressants chez les 15-20 ans.

Cependant, les études restent hétérogènes : les sports, les durées et les méthodes diffèrent. Il serait donc difficile d’en tirer une recette applicable de la même manière à tous les groupes.

Créer un moment collectif n’est pas nécessairement construire durablement du collectif.

H3 - Avant l’exercice, essayer de préciser ce dont le groupe a besoin

Un groupe dans lequel les jeunes connaissent mal leur rôle n’a pas nécessairement le même besoin qu’un groupe dans lequel certaines relations deviennent difficiles. Une équipe qui communique peu ne fonctionne pas de la même manière qu’une équipe qui communique principalement après les erreurs.

Parler simplement de « manque de cohésion » peut recouvrir des réalités très différentes. Une première étape peut alors consister à préciser ce qui se passe : est-ce une question de relation, d’objectif partagé, de rôle, de communication, de concurrence, de place dans le groupe, ou de réaction collective face à la difficulté ?

Et surtout : comment les jeunes eux-mêmes vivent-ils cette situation ? C’est à partir de ce qui est observé, mais aussi de ce qu’ils peuvent exprimer de leur vécu, que l’accompagnement peut progressivement s’ajuster.

H2 - Chez le jeune sportif, la place du groupe participe aussi à son vécu

Chez l’adolescent, le groupe sportif peut prendre une place importante : il s’y compare, cherche sa place, peut avoir envie d’être reconnu, craindre de décevoir, hésiter à prendre la parole, ou être particulièrement sensible au regard des autres après une erreur.

Un jeune peut parfaitement connaître ce qu’il doit faire techniquement et pourtant avoir du mal à l’assumer sous le regard du groupe. Il peut vouloir encourager un partenaire sans oser prendre cette place, ou ressentir une frustration sans parvenir à l’exprimer.

C’est pourquoi s’intéresser au collectif ne signifie pas oublier l’individu.

Un même groupe peut être vécu très différemment par chacun des jeunes qui le composent.

H3 - Du corps individuel au collectif

Une partie de ce qui se joue dans le groupe peut également apparaître dans les comportements : les distances, les regroupements spontanés, les regards, les orientations du corps, les gestes d’encouragement ou les réactions immédiatement après une erreur.

Ces manifestations ne permettent pas, à elles seules, de savoir ce que vit le jeune. Elles peuvent en revanche devenir des points d’appui pour ouvrir la parole :

  • « Qu’est-ce qui s’est passé pour toi à ce moment-là ? »

  • « Comment as-tu vécu la réaction des autres ? »

  • « Qu’est-ce qui t’aide à trouver ta place dans ce groupe ? »

  • « À quel moment as-tu senti que quelque chose changeait ? »

Il ne s’agit pas de lui expliquer ce qu’il ressent. Il s’agit de lui permettre de préciser son propre vécu, d’identifier ce qui se passe pour lui et, progressivement, de repérer ce qui peut l’aider à s’ajuster au sein du collectif.

H2 - Construire de la cohésion sans chercher à fabriquer une équipe idéale

L’objectif n’est pas de créer un groupe dans lequel tout le monde s’entend parfaitement. Les désaccords, les frustrations et la concurrence existent, et un jeune n’a pas besoin d’être ami avec chacun de ses partenaires pour contribuer pleinement au collectif.

L’enjeu se situe ailleurs :

  • Pouvoir reconnaître sa place.

  • Identifier ce que le groupe cherche à accomplir.

  • Percevoir ce que les autres peuvent attendre de lui.

  • Pouvoir communiquer.

  • Continuer à agir avec les autres lorsque la situation devient plus difficile.

Faire équipe ne signifie pas nécessairement penser pareil. Cela signifie parvenir à construire quelque chose ensemble malgré ce qui différencie chacun.

H2 - Accompagner un collectif commence par apprendre à le regarder

En préparation mentale, nous pensons facilement à l’individu : sa confiance, sa concentration, ses émotions ou sa gestion de la pression. Mais ces dimensions se construisent aussi au contact des autres. Une erreur peut recevoir une réaction du groupe. Une prise de responsabilité prend place dans un fonctionnement collectif. Une baisse d’engagement peut modifier certaines interactions, et un encouragement peut en modifier d’autres.

La préparation mentale peut alors élargir son regard, non pas pour prendre la place de l’entraîneur (à qui appartiennent la technique, la tactique et les choix sportifs), mais pour s’intéresser à une autre question :

Comment ce jeune vit-il sa place dans ce collectif et comment ce vécu participe-t-il à la manière dont il s’engage avec les autres ?

Une équipe change, un groupe d’entraînement également. Une saison avance, les rôles évoluent, des jeunes arrivent, d’autres partent. Certains progressent plus rapidement. Une blessure, une sélection ou une non-sélection peut modifier certains équilibres.

La cohésion apparaît alors moins comme un état définitivement acquis que comme un processus qui évolue avec le groupe et avec ceux qui le composent. Avant de vouloir la renforcer, une première étape peut donc consister à observer ce qui permet déjà à ces jeunes de faire équipe, puis à leur permettre de mettre des mots sur la manière dont ils le vivent.

H2 - Questions fréquentes sur la cohésion chez les jeunes sportifs

H3 - Qu’est-ce que la cohésion d’une équipe sportive ?

La cohésion désigne la manière dont un groupe reste uni autour de ce qu’il partage. Les recherches en psychologie du sport distinguent notamment la cohésion sociale, liée aux relations et au sentiment d’appartenance, et la cohésion liée à la tâche, qui concerne les objectifs communs, le fonctionnement collectif et les responsabilités.

H3 - Les sports individuels sont-ils concernés par la cohésion ?

Oui. Qu’il s’agisse de tennis, de judo, de surf, de natation ou d’escrime, le jeune peut évoluer au sein d’un groupe d’entraînement ou d’un club. Il y partage une partie de sa préparation avec des partenaires qui contribuent à sa progression et peuvent aussi devenir ses concurrents en compétition. Être seul au moment de performer n’empêche donc pas de se construire au sein d’un collectif.

H3 - Une équipe doit-elle être composée d’amis pour bien fonctionner ?

Non. De bonnes relations humaines participent à la vie du groupe, mais l’amitié n’est pas indispensable pour coopérer. Des jeunes peuvent être peu proches en dehors de leur pratique tout en parvenant à agir ensemble autour d’objectifs sportifs partagés.

H3 - Comment savoir si un jeune s’isole réellement de son groupe ?

Un comportement isolé ne suffit pas à conclure. Un jeune peut simplement avoir besoin de calme après une compétition ou un entraînement difficile. Lorsque certains comportements se répètent ou interrogent, l’échange avec lui permet de revenir à la manière dont il vit la situation, plutôt que d’interpréter directement ce qui est observé.

H3 - Peut-on travailler la cohésion d’un groupe ?

Oui. Les recherches sur le team-building montrent que différentes dimensions peuvent être travaillées : les objectifs communs, les rôles, les normes ou encore la coopération. Cependant, un exercice n’a de sens que s’il répond à ce qui se joue réellement au sein du groupe.

H3 - Quel peut être le rôle de la préparation mentale dans la cohésion ?

La préparation mentale peut accompagner le jeune pour mieux identifier la manière dont il vit sa place dans le groupe, ses réactions après une erreur, sa manière de communiquer, ou encore ce qu’il traverse lorsque coopération et concurrence se rencontrent. Elle intervient en complément du travail de l’entraîneur, sans se substituer aux dimensions techniques et tactiques.

H2 - Et si nous changions simplement la question ?

Plutôt que de demander uniquement : « Est-ce qu’ils s’entendent bien ? », nous pouvons aussi nous demander : « Que se passe-t-il entre eux lorsque la situation devient plus difficile ? » et « Comment chaque jeune vit-il sa place au milieu des autres ? »

Une équipe ne se résume pas à un groupe de jeunes qui s’apprécient, et un sportif individuel ne se construit pas nécessairement seul. Dans les deux situations, il existe un environnement, des relations, des interactions, des attentes et des expériences qui participent à ce que le jeune vit dans sa pratique.

La cohésion peut alors être regardée moins comme quelque chose que le groupe « possède » que comme quelque chose qui se construit, se vit et se réajuste au fil des expériences partagées.

Cédric Marcerou

Sophrologue & Préparateur Mental – Anglet

Accompagnement de la jeunesse sportive et de la performance globale.

Si vous souhaitez échanger autour de la manière dont votre enfant vit sa place au sein de son équipe ou de son groupe d’entraînement, je suis disponible pour en parler.

Vous pouvez simplement m’envoyer un message sur WhatsApp au 06 99 88 66 15.

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