La motivation intrinsèque des jeunes sportifs : comment la sophrologie soutient leur engagement
Pourquoi certains jeunes restent engagés… et d’autres décrochent ?
Une étude sociologique française montre que 29 % des adolescents abandonnent une pratique sportive régulière, tandis que 66,4 % la poursuivent et 4,7 % n’ont jamais pratiqué.
Derrière ces chiffres, une réalité simple: l’engagement sportif n’est jamais automatique à l’adolescence. Il dépend de l’expérience vécue, du plaisir ressenti et de la capacité à rester motivé malgré les pressions. « Comprendre et nourrir la motivation dans la pratique sportive », qui pose les bases théoriques et pratiques de la motivation dans le sport.
- Ce travail fait également écho à mon article “Pourquoi tant d’adolescentes arrêtent le sport”, où j’explore les mécanismes corporels, émotionnels et sociaux qui fragilisent l’engagement sportif à l’adolescence. Comprendre ces freins permet de mieux saisir l’importance de nourrir la motivation intrinsèque pour préserver le plaisir et la continuité de la pratique.
Dans cette série, j’explore plus précisément comment la motivation intrinsèque, le plaisir de pratiquer, l’engagement pour le geste et l’expérience elle-même peut être nourrie et soutenue grâce à la sophrologie et à la préparation mentale.
L’objectif est d’accompagner les jeunes sportifs à rester engagés et alignés, même face aux pressions sportives, académiques et personnelles propres à leur environnement et à l’adolescence.
Comprendre la motivation intrinsèque
Un élan intérieur qui fluctue
La motivation intrinsèque correspond au plaisir naturel de pratiquer, à la satisfaction personnelle, au goût du geste et de la progression. Elle se distingue de la motivation extrinsèque, qui dépend des résultats, de la reconnaissance ou des attentes extérieures.
L’engagement spontané, celui qui pousse un jeune à se lever pour aller s’entraîner sans même y penser, est directement nourri par la motivation intrinsèque.
C’est cet élan naturel que la sophrologie aide à préserver, même lorsque l’environnement devient plus exigeant.
Chez les adolescents, cet élan intérieur est particulièrement sensible aux variations:
- état physique et émotionnel,
- dynamique de l’équipe,
- exigences scolaires,
- transformations corporelles et psychologiques.
Ces fluctuations influencent directement la capacité à ressentir du plaisir, à être présent dans le geste et à rester connecté à ce qui motive profondément.
Les trois dimensions de la motivation intrinsèque
Selon Deci & Ryan et Vallerand, elle s’exprime à travers :
- La motivation à la connaissance: plaisir d’apprendre, de découvrir, d’explorer.
- La motivation à l’accomplissement: satisfaction de se dépasser, de maîtriser un geste.
- La motivation à la stimulation: plaisir des sensations, des émotions, du mouvement.
Ces dimensions varient selon l’âge, le sport et la personnalité, mais elles constituent toujours un socle essentiel pour un engagement durable.
Quand la pression éloigne du plaisir: l’exemple de Lucas
Lucas, jeune surfeur, commence sa journée porté par les sensations de glisse et l’équilibre sur sa planche.
Puis, les compétitions s’invite: la pression monte, le plaisir se brouille.
La sophrologie, intégrée à sa préparation mentale, lui permet de:
- revenir à ses sensations,
- apaiser l’anxiété de performance,
- savourer chaque mouvement,
- rester ancré dans l’instant.
La Sophrologie du Sport: Épanouissement des Jeunes Sportifs
Il retrouve ainsi le cœur de sa motivation intrinsèque : le plaisir de surfer.
Comment la sophrologie soutient l’élan intérieur
La sophrologie offre un espace de (re)connexion aux sensations, permettant au sportif de distinguer ses émotions, de clarifier ses intentions et de revenir à ce qui le motive réellement.
Elle favorise:

- la présence dans l’instant, pour éviter les pensées parasites,
- la gestion des émotions sous pression,
- le renforcement de la confiance,
- l’alignement entre objectifs personnels et engagement sportif.
La concentration devient alors une conséquence naturelle de la motivation intrinsèque : l’esprit s’absorbe dans le geste, sans effort, simplement parce que la pratique fait sens et procure du plaisir.
Témoignage: Anthony, jeune golfeur
Anthony, jeune golfeur en compétition, ressent parfois la pression des classements. Quand il se focalise trop sur le résultat, sa concentration se disperse et le plaisir diminue.
Grâce à la sophrologie et à la préparation mentale, il apprend à :
- revenir à chaque coup,
- observer ses sensations,
- se reconnecter à ses intentions de jeu,
- rester dans l’instant présent.
Il conserve ainsi une concentration stable et un engagement constant dans sa pratique. Cette posture ne supprime pas l’envie de performer : elle lui permet au contraire de s’en approcher en jouant avec plaisir et stabilité.
Ancrer ses motivations et ses objectifs
La sophrologie permet de clarifier les objectifs personnels et d’aligner l’engagement sur les valeurs profondes du sportif. Elle renforce les ingrédients fondamentaux de la motivation.
Les 7 sentiments de la motivation
Ils constituent un socle commun à tous les états motivationnels. Parmi eux, certains nourrissent particulièrement la motivation intrinsèque :
- Autonomie: se sentir libre dans ses choix.
- Compétence: percevoir ses progrès.
- Plaisir: la joie du geste, moteur essentiel.
- Progrès: ressentir l’évolution personnelle.
Les autres:
- appartenance,
- engagement,
- sens
jouent un rôle complémentaire et seront approfondis dans les prochains articles de la série.
Les défis des jeunes sportifs : pression, développement et équilibre
Les jeunes sportifs évoluent dans un environnement complexe :
- Pression sportive: entraînements intenses, compétitions, attentes.
- Pression académique : devoir, examens, orientation.
- Pression sociale et personnelle: transformations corporelles, réseaux sociaux, médias, sponsors éventuels.
Dans cet environnement exigeant, j’accorde la même attention au projet sportif qu’au projet académique. Lorsqu’un jeune souhaite faire de son sport un véritable projet, il est important de le respecter et de l’aider à le structurer, tout comme n’importe quelle autre orientation.
J’utilise une forme de pédagogie transversale: l’engagement présent dans un domaine peut soutenir la progression dans un autre. Un jeune très investi dans son sport peut mobiliser cette énergie pour avancer dans une matière liée à son projet, comme l’anglais s’il souhaite partir jouer aux États‑Unis. À l’inverse, un travail scolaire sérieux peut devenir un appui pour renforcer la concentration ou la confiance dans la pratique sportive.
Cette approche permet d’accompagner le jeune dans son ensemble, en tenant compte de son projet, de son équilibre émotionnel et de ce qui fait sens pour lui. C’est une manière de travailler qui m’est naturelle et qui s’accorde avec ma pratique de sophrologue.
Témoignage: Emma, skieuse
Blessée au genou, Emma traverse une période délicate. Le ski occupe une place centrale dans sa vie, et l’arrêt forcé fragilise son élan intérieur.
Pendant sa rééducation, elle utilise:
- la visualisation guidée, en mobilisant un script précis pour se projeter sur des parcours de slalom,
- la respiration pour apaiser l’anxiété,
- la relaxation pour éviter la pression du “retour trop vite”.
- Une visualisation guidée, même très courte, permet de réactiver les sensations d’un geste réussi ou d’un moment fort de la pratique. En mobilisant un script précis, elle reconnecte immédiatement le sportif à son plaisir, à sa confiance et à son élan intérieur.
Emma maintient ainsi sa motivation intrinsèque et prépare une reprise progressive, sécurisée et alignée.
La sophrologie crée un espace d’expression et de liberté
Les séances offrent un espace sûr où le sportif peut exprimer:
Cet espace favorise:
- ses émotions,
- ses doutes,
- ses ambitions.
Cet espace favorise:
- l’identification des tensions,
- la clarification des objectifs,
- le maintien du plaisir de la pratique.
La sophrologie, intégrée à la préparation mentale, soutient ainsi la motivation intrinsèque en permettant de rester connecté au plaisir, à l’engagement personnel et au sens de la pratique.
Conclusion: et après ?
Cet article est le premier zoom de la série consacrée aux différents états de motivation. Le prochain article abordera la motivation extrinsèque :
Motivation extrinsèque : gérer la pression des résultats, rester centré sur l’engagement plutôt que sur la reconnaissance extérieure. Nous y verrons notamment comment la sophrologie aide à réguler le stress avant une compétition grâce à un exercice de respiration court et structuré.
Vous souhaitez aligner votre mental, votre corps et votre performance tout en restant connecté à votre motivation intrinsèque ?
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L’autonomie consiste aussi à pouvoir s’appuyer sur les autres tout en devenant progressivement capable de prendre une part croissante dans la conduite de son propre parcours.
Finalement, accompagner son enfant sportif…
C’est peut-être accepter que la place du parent change.
Au début, beaucoup de choses passent naturellement par lui.
Puis le jeune grandit. Il comprend davantage. Il expérimente. Il choisit. Il se trompe parfois. Il recommence. Il construit ses propres repères.
Le parent reste là.
Simplement, sa présence peut prendre une autre forme :
Moins décider. Davantage écouter.
Moins chercher immédiatement la solution. Davantage permettre au jeune de chercher la sienne.
Moins regarder uniquement le résultat. Davantage regarder ce que le jeune apprend de son parcours.
Accompagner son enfant sportif, c’est peut-être lui offrir suffisamment de présence, de sécurité et de liberté pour qu’il puisse progressivement apprendre à conduire son propre parcours.
Questions que les parents se posent autour de leur place dans le parcours sportif
- Pourquoi mon enfant n’écoute pas quand je lui dis de se calmer, de respirer ou de ne pas se mettre la pression ?
- Comment gérer mon propre stress pour ne pas le transmettre à mon enfant avant ou pendant les compétitions ?
- Que faire quand l’accompagnement autour du sport crée des tensions ou des conflits avec mon enfant ?
- Comment savoir si mon enfant est vraiment démotivé ou simplement fatigué, saturé ou en perte de sens ?
- Que faire quand je n’arrive plus à venir le voir en compétition parce que je ne gère plus ce que je ressens ?
Accompagner un jeune sportif, c’est aussi reconnaître ce qui se transforme dans la relation.
Au fil des entraînements et des compétitions, chacun cherche sa place :
le jeune construit ses repères, le parent ajuste sa présence, et parfois certains moments deviennent plus sensibles.
Quand les émotions se croisent ou que les mots ne passent plus, faire entrer un regard extérieur peut simplement aider chacun à retrouver son espace, à apaiser ce qui s’est tendu et à ouvrir un dialogue plus clair autour de son autonomie.